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PREMIERS PAS EN SKI AU MASSIF DE CHARLEVOIX

Je me souviens de la première fois où j’ai skié. J’avais environ 8 ans et j’étais partie une semaine en vacances dans les Alpes avec mes parents et mes frères. C’est mon papa qui m’avait appris. Je dévalais des petites pistes simples, mais je me prenais pour une pro devant ma mère assise en terrasse à boire des cocas (non ce n’est pas un nom de code pour dire bières), pendant que mon père était sur des pistes un peu plus difficiles avec mes 2 grands frères. J’adorais ça, la vitesse, la glisse, l’air de la montagne. J’aime vraiment beaucoup me rappeler de ces vacances.

La deuxième fois où j’ai skié, je devais avoir 12 ans, et cette fois ci nous étions partis dans le Mont d’Or. Je suis tombée et je me suis faite mal au genou au bout de 2 jours… je n’ai pas pu remonter sur les pistes du reste de la semaine.

Voilà mes seules expériences de ski en 25 ans d’existence ! Alors autant vous dire que oui, pour moi, cette journée au Massif de Charlevoix était considéré comme mes premiers pas en ski.

J’étais un peu perdue au début. Où aller chercher le pass, le matériel, quelle taille de chaussures prendre (ma taille normale ? Une en dessous ?), comment marcher avec ces grosses boots en plastique, et j’en passe.

Heureusement que chéri était là pour me guider ! Il va skier dans les Pyrénées tous les deux ans, alors c’est lui qui a joué le moniteur. Et franchement, je lui dis chapeau, parce que la matinée n’a pas été de tout repos avec une élève comme moi !

Après avoir enfin chaussé nos skis, c’est parti pour une piste simple. Je ne suis pas très rassurée, j’ai peur de ne pas réussir à tourner, d’aller trop vite et de finir dans le décor. “T’en fais pas ! me dit Jeremy. Tu peux pas tomber bien bas, les arbres te retiendront !”. Sauf que je suis tellement lente et les pistes faciles tellement plates, que l’on passe plus de temps à marcher en canard jusqu’à la descente suivante qu’à réellement glisser. Oui, je vous autorise à vous moquer de moi.

Au bout d’à peine 10 min, mes mollets me font un mal de chien, mes orteils sont engourdis, je souffre. Déjà ? A ce moment là je me dis que si j’ai déjà mal aux jambes, je suis mal barrée pour le restant de la journée, comment c’est possible ? Je m’assoie sur la poudreuse en chouinant que j’ai trop mal et qu’il y a quelque chose de pas normal. Jeremy détache mes chaussures et me dit “Mais Sarah tu as beaucoup trop serré tes chaussures ! Ton sang va finir par ne plus circuler ! Ça m’étonnes pas que tu ai super mal, pas besoin de les serrer autant !” Aaaaaaaah c’est donc ça ! En effet, maintenant qu’il me les a un peu desserrées, ça va beaucoup mieux ! Mais qu’aurai-je fait sans monsieur ?

On continue de descendre tranquillement la piste sans encombre. Jeremy avec grande classe, moi plutôt comme une chochotte. Même si les réflexes reviennent vite, l’appréhension n’est pas la même quand on est enfant et quand on est adulte. J’ai plus peur de tomber et de me blesser qu’avant. Et puis, depuis deux entorses au même genou que j’ai eu dans mon enfance, celui-ci est fragilisé et un peu faible. J’ai du mal à tourner ma jambe et supporter le poids de la chaussure et du ski. Mais je m’adapte, je m’habitue et je commence à prendre du plaisir.

C’est plutôt une balade qu’une course. On profite de l’air frais, de la nature, on regarde les arbres, et surtout, on admire la vue incroyable sur le Fleuve Saint Laurent.

Jusqu’à l’arrivée d’une grosse descente large et pendue, mais aussi un peu bosselée. Prise d’un bel élan de confiance en moi, je passe devant Jeremy qui m’attendais pour me prévenir de faire attention, et je descends sans vraiment l’écouter. Je prends un peu trop de vitesse, mon genou faible se bloque et m’empêche de freiner, je perds le contrôle, lance des “aaaah ahhh aaaah” et me prend une gamelle royale. Saisie par la peur, les fesses dans la neige, je me mets à pleurer comme un bébé. Je ne pense qu’à une chose, rentrer chez moi (parce que oui je fais partie des personnes qui ne supportent pas y arriver dès le premier coup). Jeremy arrive et me demande si je me suis faite mal. Comme j’ai un peu honte, et pour éviter qu’il ne se moque de moi, je prétends que oui entre deux sanglots. Une dame s’arrête et m’aide à me relever. Mon genou est toujours bloquer, je glisse et emmêle mes skis dans ceux de Jeremy qui manque de tomber avec moi. Je me jette par terre vexée et très gênée. La dame m’aide à me relever une seconde fois. Une vraie scène comique. Jeremy ne peut s’empêcher de le dire “Tu aurai pu jouer dans Les Bronzes font du ski, je voulais te filmer parce que tu te débrouillais bien et j’ai pas eu le temps, je regrette !” On éclate de rire. J’avoue, c’est toujours comme ça ma vie, un sketch. La boule au ventre, je finis tant bien que mal cette descente difficile (pour moi en tous cas). Jeremy finit par me dire qu’il s’agissait d’une piste bleue qui n’était pas indiquée par les panneaux. C’est vrai, bleu c’est rien pour des gens qui savent skier, pour moi c’est un peu plus compliqué ! De plus, la dame qui m’avait aidé à me relever nous a dit que cette descente était plus difficile ce jour là car il avait beaucoup neigé la veille et il y avait pas mal de poudreuse. Non non je n’essaie pas de me trouver d’excuses…

Nous finissons donc notre descente et rejoignons le télécabine pour remonter. C’était sans compter mon skipass qui avait été mal imprimé et qui ne fonctionnait pas ! Je n’ai pas pu m’empêcher de rire de moi-même et de me demander si le ski était vraiment fait pour moi.

Une descente dure environ 30 minutes. On passe par plusieurs pistes différentes qui se croisent. Dans mes souvenirs, les descentes étaient bien plus courtes, et je les remontaient en tire fesse. Il faut dire que les stations Québécoises sont plus petites que celles que nous avons en France. Mais ce qui fait la différence c’est vraiment cette vue sur le fleuve. Pour remonter, il faut compter à peu près 15-20 min. Soit en tout presque 1h pour descendre et remonter, sauf si bien sûr vous favorisez la vitesse et que vous ne vous appelez pas Sarah Melina.

Dans le Massif de Charlevoix, on compte 53 pistes: des faciles (vert), des intermédiaires (bleu), des difficiles (noir), des très difficiles (double noir), et des experts (triple noir). Pas de rouge donc. Le domaine s’appelle Fun Brut et fait 164,5 hectares. Il y a aussi des pistes de luges et des sentiers pour faire de la raquette. En haut des pistes, vous pourrez trouver une cafétéria, un café et un pub.

Je pense que les adeptes de grosses stations, habitués aux Alpes ou aux Pyrénées ne trouveraient pas leur bonheur au Québec s’ils cherchent à 100% la performance du ski ou du snow.

Nous faisons une seconde descente qui se passe un peu mieux. J’anticipe encore un peu, ce qui fait que mes muscles sont continuellement contractés. J’ai des douleurs aux mollets et aux cuisses à force de serrer. Mais comme je me sens plus à l’aise, même si cela pourrait être encore mieux, on en profite pour sortir la GoPro, se filmer un peu et prendre quelques photos du paysage, de nous.

Dans le télécabine nous ne sommes que tous les deux, nous nous mettons donc face à l’horizon. La vue est incroyablement belle. Dommage que les vitres soient sales, je n’ai pas pu prendre de photos.

Pause déjeuner bien méritée ! La cafétéria a du choix, les pris restent assez raisonnables pour une station de ski. C’est pas de la grande gastronomie, mais on est pas du tout là pour ça. Une petite bière pour se remettre de nos émotions (des miennes surtout), et c’est reparti.

Cette descente se passe beaucoup mieux. J’arrive enfin à me détendre, je glisse naturellement, je me sens bien. Il y a du soleil, le ciel est bleu, il n’y a pas trop de monde sur les pistes, et je suis avec mon amoureux. Que demander de plus ? Même si mes cuisses me brûlent encore un peu, c’est rien, je gère. Et je ne suis pas retombée !

En revanche, je ne me suis pas sentie prête à descendre une bleue. J’aurai aimé ! Surtout pour que Jeremy puisse profiter de la glissade plutôt que passer son temps près de moi à m’encourager et me conseiller. Je voulais maîtriser parfaitement la verte avant de passer au niveau supérieur. La prochaine fois sera là bonne !

Arrivée en bas, on remonte dans la télécabine, et on regarde l’heure. Déjà 15h ?! C’était donc notre dernière descente. Le soleil commence à se cacher, la station va bientôt fermer.

Le temps de déposer notre matériel, récupérer nos affaires, se poser 5 min, et nous voilà reparti en bus vers Québec City.

J’ai dormi comme un bébé un bonne partie du trajet. Le ski ça crève quand on en fait jamais ! Et encore, heureusement que je n’avais fait que les abdos à ma séance de HIIT de la veille.

C’était une superbe journée. Malgré un démarrage difficile qui m’a fait penser que le ski n’était pas pour moi, je me suis finalement bien amusée, et j’ai hâte d’y retourner ! Une journée c’est vraiment court, et j’espère pouvoir réitérer l’expérience avant la fin de l’hiver. Et pourquoi pas tenter le snowboard prochainement ?


J’espère que vous aimerez lire cet article autant que j’ai pris plaisir à l’écrire. J’ai commencé à écrire à 5h30 ce matin pour être sure de ne rien oublier, et être la plus précise et transparente possible.

Et vous ? Vous skiez ? Vous souvenez vous de la première fois ? Sinon, aimeriez vous essayer ? J’ai hâte de lire vos histoires en commentaires 🙂

Des bécots !

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